T-Frere Les personnages de T-frere et 'bro sont apparus pour la premiere fois dans un poeme intitule "l'accord parfait" lors d'une lecture de poésie initiée a Lafayette Louisiana par les poètes Cadiens David Cheramie et Kirby Jambon. Devant le succes public, ils sont apparus dans un autre puis un autre et sont finalement devenus recurrents...J'essaie d'ajouter de nouveaux slams a cette serie regulierement. Brice Homs
Enjoy...
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Lake fausse pointe
Lake fausse pointe, Louisiana- Photo by zyd&co- Diapo N&B Agfa Scala pro
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Le monde meilleur
Comme on passait Sur Canal street Ti-frère et moi On s’est arrêté pour écouter Le vieux Elmo’ Qui chantait le blues Par dessus son vieux Dobro Tout mangé par la rouille Et Elmo’ Nous a salué de sa voie graisseuse Comme tous les jours Et Comme tous les jours Il a continué A chanter Sa chanson de tous les jours Toujours la même Qu’on connait par cœur Vous savez Cette chanson Qui parle d’un monde meilleur Qui viendra Personne ne sait quand Mais que tout le monde attend Et forcément Comme ce monde ne vient pas Ou continue à se faire attendre Elmo’ reste là Tous les jours A brailler sa chanson triste Pour les touristes Et les artistes Et les filles des rues Et Les voyantes qui ne voient rien Et Les gars qui promènent les gens en calèches sur Décatur Et Les jeunes vagabonds avec leurs chiens Et Les vendeurs du marché Français Et Les flics du NOPD Qui posent avec des airs de durs Derrière leurs lunettes de soleil Et là Comme Elmo’ Braillait encore Et Que la tristesse gagnait tout ce monde Ti-frère a dit Tu vois ‘bro Asteur Les gens ne devraient pas être tristes A cause de ce monde meilleur qui ne vient pas Parce que Si on regarde bien les choses Comme on devrait les regarder C’est pas le monde Qui a besoin d’être meilleur C’est seulement nous.
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La beauté
T-frère et moi On parlait comme ça Et on se demandait Qui ça pouvait bien être La fille la plus moche du monde Et moi je disais à T-frère Que de ce point de vue là Pour moi Il n'y avait aucun doute La fille la plus moche du monde C'était Arlene La fille des voisins d'en face Et T-frère Disait que non Que c'était pas possible qu'elle soit moche Parcequ'elle était trop sympa Arlene Et moi je disais Que ça n'avait aucun rapport Que c'était une vraie mocheté et c'est tout Mais T-frère N'en démordait pas Qu'elle ne pouvait pas être moche Parce qu'elle était toujours de ton côté Et que Quand elle te parlait Elle avait cette voix Chaude Qui t'enveloppe Comme si elle était autour de toi Et qu'elle était toujours Gaie et souriante Et tout un tas de choses comme ça Bon ! Je me méfie toujours Pour ce qui est des filles Avec T-frère Parce qu'il arrivera toujours A leur trouver quelque chose De beau Si vous voyez ce que je veux dire Mais là non, C'était pas à ça Qu'il pensait Il était vraiment sérieux Et j'ai bien été obligé de lui dire Que si on regarde bien Arlène Elle est maigre comme un coucou Avec un nez à peu près pareil Et des cernes Sous les yeux Si creusés Qu'on dirait qu'elle est toujours malade Et que ses cheveux sont fins et raides comme des pailles de balais Tu vois bien non ? T-frère Me regardait avec son air de pas comprendre Et ça m'énervait A force Qu'il s'entête A pas vouloir reconnaître Les choses Juste pour avoir raison Alors j'ai fini par insister Regarde la bien La prochaine fois que tu la croiseras Et tu verras ! T-frère s'est levé d'un bond Comme s'il venait de comprendre Je croyais qu'il allait Se rendre à l'évidence Oui c'est vrai ! T'as raison, J'avais pas bien vu ! Mais au lieu de ça Il a tortillé la visière De sa casquette D'un air gêné En disant: La beauté C'est pas ce que tu vois C'est ce que ça te fait ! Et là Je dois dire Que Pour une fois J'ai rien trouvé à redire A ça.
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Le bon coté des choses
Imagine A dit T-frère Que la terre soit carrée au lieu d’être ronde ? Tu vois Ça ferait un cube. Un cube qui tourne en l’air Et Les gens tiendraient pareil Dessus Et dessous Et sur les cotés A cause de la gravitation Et ça ne changerait pas grand chose Non ? Moi, ‘bro, Cette idée Elle ne me plaisait pas trop Parce que Je me disais Que Tels que sont les gens Chaque face Oui Chacune des six faces du cube Penserait qu’elle est Celle du bon coté Et que les autres sont juste autour d’elle Et valent moins Et ça créerait des tas de débats Et de bagarres Et de conflits de toute sorte Pour décider Où est le bon coté Et là T-frère S’est mis à penser Que La seule façon D’avoir la paix serait De décider Que chaque face est la bonne A tour de rôle Comme quand Notre cher vieux Pop’ Nous disait « Chacun son tour » Dans la file d’attente de chez Cajun snow A Lafayette Mais Même comme ça Je me disais Que c’était pas une solution Parce que Comme les gens sont Il y en aurait toujours pour vouloir Que leur face soit la bonne plus souvent Ou plus longtemps Ou même encore tout le temps Alors On a cherché une autre forme Une pyramide ou autre chose Mais ça faisait que changer le nombre Des faces Et des problèmes Alors On a finit par se dire Qu’asteur La meilleure chose qui pouvait nous arriver C’est que la terre soit bien ronde Comme une boule Parce que C’est la seule figure Qui n’a qu’une seule face La même sur tout le tour Et là T-frère S’est levé En disant Tu vois ‘bro Rien que ça C’est bien une preuve Que prendre les choses du bon coté Et bien Si on regarde les choses Comme on devrait les regarder C’est juste voir qu’on est tous du même coté.
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Les questions et les réponses
On marchait Sur Napoléon street Là-bas Du coté à l'ombre Et Tout à coup T-frère m'a demandé Qui d'autre que moi j'aimerai être Si je pouvais changer. J'ai cherché un peu Et j'ai dit : Jolene Parce que comme ça je pourrais être avec elle tout le temps (j'aime bien être avec Jolene) Mais après j'ai réfléchi et je me suis dit Qu'à ce moment là Elle serait avec moi aussi tout le temps Et que ça lui plairait pas forcément Parce que Jolene Elle dit que des fois je l'énerve Alors j'ai cherché quelqu'un d'autre Et j'ai trouvé que des gens que je voudrais pas être Si bien que finalement J'ai choisi de rester moi. Et T-frère a dit Que c'était pas grave Parce que de toute façon c'était pas possible. Alors, J'ai demandé à T-frère A ton avis Pourquoi On passe tout ce temps A réfléchir à des choses qui sont pas possibles? T-frère a haussé les épaules et il a dit Je sais pas 'bro Peut-être qu'on aime davantage les questions Que les réponses.
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Champs de canne
Champs de canne- Catahoula, Louisiana- Photo by Zyd&co- Diapo N&B Agfa scala pro
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Pecan
T-frère Jouait Avec cette coquille de pécan Et maintenant Qu’il avait mangé la noix dedans Et qu’il l’avait renversée Sur le dos En équilibre Il disait Que c’était surement Comme ça Que les indiens des marais Avaient eu l’idée de faire des barques Pour aller pêcher Et que nous autres Asteur On peut aller au bass Sur le bayou Avec une canne et un rod Et sans doute qu’en la retournant Comme ça La noix Ils avaient eu l’idée de faire des huttes En dur Pour s’abriter des orages Et des maringouins Et Tu vois bro’ Les hommes Qui sont venus ensuite Ils ont posé la demi-noix Comme ça Sur un de leurs doigts Et ils ont trouvé le casque de moto Oui c’est comme ça Qu’ils ont trouvé tout ça Bro' Et sans doute aussi des tas d’autres choses Que la noix pouvait être Tour à tour Manière Tu vois, Encore une fois, Si on regarde bien Comme on devrait Ce ne sont pas les choses qu’on voit Qui comptent Mais ce qu’on voit dans les choses.
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Le souvenir
Tu crois qu’on peut retrouver Quelque chose Qui n’existe pas ? T-frère Tournait en rond L’air enervé Et moi, bro’ Je pensais Que pour retrouver Une chose Il faut d’abord L’avoir trouvée une première fois Et puis ensuite l’avoir perdue Et là On peut dire qu’on va la re-trouver A condition qu’on cherche Bien sûr Mais Une chose qui n’existe pas Non La retrouver On ne peut pas ! Et là T-frère se met A brailler Qu’au contraire C’est ça le problème Parce que Cette chose Qu’il ne retrouve plus Asteur C’est bien parce qu’elle n’existe pas Puisque c’est Le mensonge qu’il a fait A Angèle La semaine passée Pour pas aller traîner avec elle Et que là Quand elle va venir Il vaudrait mieux qu’il s’en rappelle Sinon, pour sûr Angèle Elle ne le croira plus Non plus jamais Et T-frère Cherchait plus fort Et plus fort encore Mais Rien à faire... L’idée qui lui était passée par la tête A ce moment-là Et ben asteur Elle avait disparu Aussi vrai qu’elle était fausse Et n’existait même pas Et Comme il en était encore à se demander D’où partir Pour la retrouver T-frère A shooté dans un caillou par terre Et il a dit Tu vois bro’ On peut bien apprendre par cœur Tout ce qu’on veut Mais Si on regarde bien les choses Comme on devrait les regarder La seule chose Qui demande pas qu’on s’en souvienne C’est la vérité.
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Quand on veut chanter...
Et là par exemple Celle-là C’est quoi? T-frère A marqué un temps d’arrêt Et il a enlevé sa casquette de base-ball Pour se gratter la tête Celle-là QUOI bro’? J’ai pris mon souffle Et J’ai expliqué à T-frère Que la chanson qu’il fredonnait Là En marchant Et bien ça ne me disait rien Ni un titre Ni une phrase Ni un groupe, Ni un solo de guitare Ou une intro Ou autre chose Non, Cette mélodie Ne me rappelait rien Même pas le souvenir D’un endroit où elle passait Ou le générique d'un film Ou une pub Non Rien de rien Et comme je lui demandais Ce que c’était T-frère M’a regardé D’un air étonné : Je sais pas bro’ C’est juste un air Et Comme c’est là Trouver lequel Ne servirait pas à grand chose Parce que Si on regarde bien les choses Comme on devrait les regarder Quand on veut chanter On trouve toujours une chanson !
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Les raisons de la colère
T-frère était en colère Et Ça lui faisait de la misère A plus pouvoir la porter Alors je lui ai demandé Pourquoi Il était dans cette colère Et là Il a enlevé ses mains de ses poches Et il a dit Qu’il ne savait plus Parce que Tu vois, bro’ Quand tu es en colère Tout vient Se mettre dedans Et Tu ne vois plus les choses Comme elles sont Même pas celles que tu aimes Comme Un po’ boy Ou Un big red Ou Une de ces glaces De chez Bluebell Non Tu ne vois plus les choses Comme elles sont Bro’ Juste comme la colère les voit Et T- frère tournait en rond Dans sa misère Et Moi bro’ J’en étais à penser Que Puisqu’il ne se souvenait plus De la chose Qui l’avait mis en colère Il ferait tout aussi bien De ne plus l’être Quand T-frère a dit Tu vois bro’ Asteur Faudrait jamais se mettre en colère Parce que Si on regarde bien les choses Comme on devrait les regarder Et bien, La colère Nous fait plus de mal Que les raisons de la colère.
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Sur Decatur...
America meets America - Phot by zyd&co- Diapositive N&B Agfa scala pro
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Pludi
T-Frère et moi On en avait assez De tout ce monde Qui passe dans tous les sens en se pressant sur Décatur * Alors on s'est réfugié Sur l'échelle D'une maison Du vieux carré Et là Les pieds dans le vide, On s'est demandé Ce qu' on pourrait faire Pour que les gens Arrêtent de courir Tout partout Comme si le temps leur manquait Sans arrêt Et là T-frère A eu cette idée Qu'on pourrait rajouter Un jour à la semaine Oui c'est ça ! Un jour où les gens pourraient Faire Tout ce qu'ils ont pas le temps De faire Les autres jours. Et on se demandait pourquoi personne avait jamais eu Cette idée Avant. Mais les idées Les gens En trouvent De nouvelles tout le temps N'est-ce pas ? Alors T-frère et moi On était vraiment contents D'avoir trouvé Une idée nouvelle Juste nous Et on s'est mis à chercher un nom Pour ce jour là Forcément. Voyons, a dit T-frère Lundi Jour de la lune Mardi Jour de Mars Mercredi Jour de Mercure Jeudi Jour de Jupiter Vendredi Jour de venus Il faudrait rajouter le jour ici Avant le week-end Et on est vite tombé d'accord sur le fait qu'il y avait rien Pour Pluton Et que c'était pas juste Alors On a décidé d'appeler Ce jour là : Pludi Le jour de Pluton. Et On était vraiment contents Que tout ça Marche si bien Jusqu'au moment Où T-frère S'est mis à avoir des remords Que ça allait déséquilibrer le monde Et faire Des catastrophes Comme Changer le temps Et les marées Et les saisons Et les règles des filles Et la date des Ouragans Parce que la lune serait plus Là Au bon endroit A la fin du mois Et qu'on serait responsables pour tout ça. Sûr qu'on allait encore Se faire Drôlement disputer D'avoir fait ça Et qu'après on serait Encore regardés Comme des sortes de criminels Que personne Aime plus Même pas Jolene Et même pas Arline Et même pas Angelle Non plus. Alors T-frère et moi On a tout arrêté Pour tout remettre à sa place Et Pludi Est devenu Plus rien Et On est restés là A regarder les gens Courir Sur Décatur Et C'est drôle Mais Je vous jure que c'est vrai : Tout d'un coup On a trouvé ça Vraiment Bien Que les gens soient aussi pressés.
* Decatur est un des rues principales de La Nouvelle-Orléans.
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Atchafalaya
Tu sais
T-frère
Y’en a
Ici
Pour dire
Que c’est une fille
Qu’à pleuré ce bayou
Une indienne Choktaw
Ou Chitimacha
Qu’elle est
Morte d’amour
Et qu’elle s’est mise
à pleurer
Une fois qu’elle était morte
-Après seulement-
Et qu’elle était rendue
Aux arbres
Aux racines
Aux feuilles
Au ciel
Et au vent
Une fois qu’elle était rendue
A la paix
Et au frôlement
Des ailes
Sur la bouche des nuages
Oui T-frère
Ils disent
Qu’ elle s’est mise à pleurer
Une fois morte seulement
Que ses larmes
Sont tombées
Au sol
Et que même le grand Mississipi
A changé de cours
Pour ne pas les boire
Manière que chaque goutte d’eau
Qu’on peut trouver
Asteur
Posée ça et là
Immense
Comme un lac
Et
Luisante sous les étoiles
Est une de ses larmes
Où le ciel se regarde
Et
Finit par pleuvoir.
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La première étoile
T-frère Et moi On était assis sur la levée Au bord des eaux rouges Du Big Muddy Et on restait là A regarder passer Le Mississipi queen Comme au temps de Mark Twain Et la lumière orangée du soir Tombait sur le fleuve Comme si elle ralentissait tout Et on se trouvait bien Comme ça A s’arrêter dans la fraîcheur du vent Par une journée si chaude Et T-frère disait Qu’il faudrait pouvoir Passer Toutes les journées comme ça A regarder les bateaux En plissant des yeux Face au soleil Et écouter le bruit de la ville Derrière Comme des chansons Qui se mélangent. Et Quand la première étoile Sortirait Dans le ciel On pourrait lui faire face La tête haute En se disant Comme ça Oui Juste comme ça Qu’on n’a Rien fait Non Rien fait de mal Aujourd’hui.
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Les petits pains
C'est comme on passait devant l’église St-Louis T-frère et moi Que le père Latiolais Est sorti En disant Qu’on nous voyait pas souvent à la messe Et que peut-être On devrait venir entendre Les paroles Du grand livre Plus souvent Et T-frère A dit que Tout ça C’était bien Mais que lui Sans offenser personne Eh bien Ces histoires là Il n’y croyait pas trop Et même Pour dire vrai Pas du tout Et là Le père Latiolais S’est assis Sur le bord du trottoir D’un air de vouloir en découdre Et il a mis T-frère au défi De trouver une chose Une seule A laquelle il ne croirait pas Et que lui –le père Latiolais- ne pourrait pas expliquer Alors T-frère A cherché Et Il a cherché encore Et Il a dit Vous voyez Par exemple Cette histoire des pains qui se multiplient à l’infini Et Qui remplissent des corbeilles Pour nourrir la foule Comme par magie Et bien voilà exactement Le genre de chose Que moi, Tee Je n’arrive pas à croire Et là Le père Latiolais A éclaté de son rire De géant En disant que ça Bien sur Même lui Le prêtre de St Louis Il n’y croyait pas non plus Enfin, A dit le père Latiolais Je veux dire que je n’y croirais pas non plus Si je n’avais pas lu le livre en entier Et Comme nous autres On était là Manière de pas comprendre Il a continué en disant « L’homme ne vit pas seulement de pain… » vous connaissez ? Et bien Si on relit cette histoire A la lueur de cette phrase là Du même livre On voit bien que ce n’est pas de pains Qu’il est question Mais d’idées De ce qu’il y a dans la parole Qui nourrit les pensées Et là ça change tout N’est-ce pas ? Et Comme T-frère Semblait douter encore Le père Latiolais A dit Regarde, Ti Quand tu partages une idée avec quelqu’un Tu l’as encore en entier cette idée Et lui Il l’a aussi en entier N’est-ce pas ? Et s’il la partage avec quelqu’un d’autre Après Cette idée Ce quelqu’un d’autre l’aura à son tour En entier Et pourtant lui Il la gardera encore en entier Et Toi Tee, Tu l’auras toujours en entier aussi Non ? Et bien voilà! Le père Latiolais Nous a tapé sur l’épaule D’un air vainqueur Et Il est rentré dans son église En riant Et Comme On partait Pour aller manger un po’boy Sur Décatur T-frère S’est arrêté en plein milieu de la rue Et Il a gratté sa tête en disant Tu vois ‘bro Si les idées Sont bien ces choses Qui se partagent sans se diviser Alors C’est sur que Le mieux qu’on puisse en faire C’est de ne pas les garder pour soi.
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Flatland

Ponton (atchafalaya) - photo by zyd&co - diapositive N&B agfa scala pro
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De l'amour...
Jolene disait Qu’au début qu’elle était arrivée Par ici En venant de Sulphur Et bien Elle ne nous aimait pas trop T-frère et moi Parce qu’elle nous trouvait Prétentieux Et Qu’on avait toujours l’air de se moquer Du monde Et des gens Et des choses Et de rien faire Que traîner Les mains dans les poches Et Jolene Disait que ça ne lui plaisait pas Ces manières Mais que Peu à peu Elle avait changé son idée A force de rester Avec nous autres Et de nous voir faire Et Qu’asteur Elle pensait qu’on était gentils Et sociables Et pas des bons riens Et que du coup Au final Elle nous aimait bien Et Jolene a souri Et Elle a haussé les épaules Et c’est là Que T-frère s’est levé En disant Que Tout ça C’était normal Parce que Pour dire vrai Si on n’aime pas quelque chose C’est qu’on ne l’a pas regardé assez longtemps.
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Le Krewe de Treme
Le jour De Mardi gras A la Nouvelle Orléans Les krewes défilent Et les filles montrent leurs poitrines Pour recevoir des colliers de perles Sur Bourbon street Et y’a du monde saoul Aussi Tout partout dans les rues Et T-frère et moi On est là Au milieu A danser et chanter Et lancer des breloques Sur le défilé Et qu’est-ce qu’on s’amuse bien Jusqu’au moment Ou le père Latiolais Sort de Saint-Louis Avec son habit de prêtre A la main Et nous tape sur l’épaule En disant qu’on a bien raison De s’amuser Comme ça Avant le carême A se donner du courage pour le faire Et il nous offre des poignées De colliers à lancer Sur la foule Avec son sourire de géant Plein de bonne humeur Et il est à peine reparti Que T-frère se mets à me tirer par le bras Et à me crier dans l’oreille Qu’il faut qu’on s’en aille tout de suite Et moi je dis que je vois pas pourquoi Et T-frère insiste Qu’on peut pas rester Tu comprends Parce que Si on entend bien Ce qu’a dit Le père Latiolais Et bien D’une certaine façon On n’a pas le droit de faire la fête Asteur Et que comme on est là On est les deux pieds dans le péché Parce que le carême Pour dire la vérité Et bien Nous autres On le fait pas Et que si ça se trouve ça va fâcher Dieu Ou le père Latiolais Ou les saints voodoos Et la diseuse De la rue des ursulines Et tout ce monde saoul qui braille Et chante Et danse Et bois Et lance des breloques Aux filles qui rient Les dents plus blanches que les perles Qu’elles reçoivent Tu comprends ? Sûr que pour comprendre, je comprenais Et le carême tout aussi sûr que J'avais pas envie de le faire non Mais comme on allait partir là Juste devant nous Le krewe de Treme S’est mis à passer Avec ses indiens noirs En costumes de sequins Et ils étaient tellement Grands Et beaux Et ivres Comme des anges descendus de leurs ailes Que T-frère et moi On a décidé de penser Qu’après tout Carême ou pas On avait bien le droit De danser Et chanter Au milieu de la rue Avec tout ce monde Saoul et Joyeux Parce que Si Dieu aimait pas la fête Il aurait pas créé Les gens.
Note: Treme est un quartier de NoLa. Chaque quartier possède son Krewe (confrerie secrète) de Mardi gras , et en tête de défilé, derrière leur band, marchent les célèbres « indiens ». Par ce rituel, les descendants d’esclaves remercient les indiens qui leur donnaient refuge quand ils s’échappaient - « They gave us shelter » - en paradant en costume de chef. Il faut être un colosse d’une force exceptionnelle pour danser et marcher pendant des heures, sous la chaleur, dans un costume de plumes et de sequins qui pèse jusqu'à 70 kilos…Il y a quelques années, lors du festival de Louisiane, j’ai eu le privilège de partager quelques jours (et quelques bouteilles) avec un de ces géants créoles, d’une érudition incroyable, qui m’en a fait découvrir les mystères et les rites. Ce Slam lui est dédié. Chief, this one’s for you !
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Atchafalaya basin
Atchafalaya - Louisiana . photo by Zyd&co diapositive n&b agfa scala.
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